Un monde différent après la pandémie. Cinq ans après, est-ce le cas?
Pendant la pandémie de COVID-19, nos habitudes ont été chamboulées au point d'imaginer que le monde ne serait plus le même une fois la crise sanitaire terminée. Environnement, consommation, présence du numérique, cinq ans après, notre monde a-t-il vraiment changé? Retour sur cinq phrases qu’on entendait communément en 2020. La pandémie a été un moment de réflexions sur la protection de l'environnement et sur notre place en tant qu’êtres humains dans les écosystèmes. Anne Plourde, chercheuse à l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) Photo : Radio-Canada / Francis Dufresne Dans un billet daté du 4 février 2020 (nouvelle fenêtre), Anne Plourde, chercheuse à l’Institut de recherche et d’information socioéconomiques, dénonçait la lenteur des autorités publiques face aux changements climatiques alors que ces mêmes autorités étaient capables de prendre des mesures radicales face à la pandémie. Cinq ans après, avons-nous retenu la leçon? [Les gouvernements] ne semblent pas avoir tiré les leçons de cette expérience pour une transition écologique. Pourtant, Avec les restrictions imposées par les gouvernements et le ralentissement de la production industrielle pendant le confinement, nous avons repensé nos moyens de consommation. Nous avons moins consommé et de manière plus responsable pour d'autres. Des gens font la queue le 13 juin 2024 pour être les premiers clients du nouveau restaurant Shake Shack à Toronto. Photo : La Presse canadienne / Cole Burston Cinq ans après? Depuis la fin des restrictions, les consommateurs sont revenus dans les restaurants, les magasins et les commandes en ligne ont augmenté. Dans notre société, les gens s'identifient par "je consomme donc je suis." La sociologue Diane Pacom précise que la consommation de masse est devenue un incontournable dans nos modes de vie tant elle participe à notre identité et définit la classe sociale à laquelle nous appartenons. Cependant, elle précise que nous sommes capables, collectivement, de ralentir notre consommation face à une crise. Pendant la pandémie de COVID-19, les entreprises se sont organisées, le télétravail et la visioconférence se sont développés au point d'imaginer que le présentiel ne sera plus nécessaire. Diane Pacom, sociologue et enseignante à l'Université d'Ottawa Photo : Radio-Canada Cinq ans après? Il n’est plus rare de faire une consultation médicale en visioconférence et plusieurs milliers de salariés sont toujours en télétravail. Les individus et les sociétés font œuvre de créativité lors des tragédies pour résister. Cependant, de plus en plus d'entreprises demandent à leurs salariés de revenir dans les bureaux. On a pu observer pendant les confinements et la pandémie des élans de solidarité entre les particuliers, envers le personnel soignant et les salariés des entreprises jugées essentielles. Un message solidaire est écrit sur le sol dans une rue de Toronto : « Nous sommes tous dans le même bateau », le 21 mars 2020. Photo : La Presse canadienne / Colin Perkel Cinq ans après, sommes-nous toujours aussi solidaires? Diane Pacom évoque la Je ne dirais pas que la solidarité reste, mais que la solidarité fait partie des possibles, elle est présente au moment des crises. Les voyages domestiques et hors du Canada se sont effondrés dès mars 2020 avec les confinements. Dans l'incertitude de cette crise, nous nous sommes posé la question si nous pourrions voyager à nouveau à l'étranger. Dès la levée des restrictions dans les aéroports, des milliers de bagages ont été perdus ou retardés dû notamment à un manque de personnel dans les aéroports. Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui Cinq ans après? Selon Statistique Canada, plus de 4,2 millions de Canadiens ont voyagé en mars 2024, un chiffre qui se rapproche de celui de mars 2019 avec 4,7 millions de voyageurs résidant au Canada. Cette tendance de retour à la normale se confirme tout au long de l'année 2024 en dépit du prix des réservations de vols qui ont augmenté. À l'été 2024, le prix des billets d'avion a augmenté d'environ 20 % depuis la pandémie.On sera plus respectueux de l’environnement

Non
, déplore Anne Plourde, il n’y a pas eu de virage de la part des gouvernements de ce côté
.on a été capable collectivement de mettre en œuvre des mesures radicales pour apporter des transformations profondes de la société
et on a constaté que l’État dispose de leviers puissants pour transformer l’économie
.Nous serons plus responsables

Le numérique remplacera le présentiel

Le numérique fait partie des possibilités maintenant, c'est-à-dire, le temps [de] la catastrophe. Et puis, une fois la crise terminée, on passe outre
, précise Diane Pacom.Nous serons plus solidaires les uns envers les autres

solidarité tragique
, qui se manifeste lors de catastrophes ou de crises. Si la solidarité semble s'effriter aujourd'hui dans nos sociétés individualistes, elle n'a pas complètement disparu, selon Mme Pacom. Notre société a fait preuve d'inventivité et de solidarité
, précise Diane Pacom, la solidarité dans une période profondément individualiste, ce n'est pas évident. D'habitude, les gens ne sont pas si solidaires, ils sont sympathiques les uns envers les autres.
Nous voyagerons moins

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